Forum de discussions autour du monde féerique
 
CalendrierAccueilFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Petit texte

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Apopo
Isfin
Isfin


Masculin Nombre de messages : 82
Age : 37
Date d'inscription : 22/04/2008

MessageSujet: Petit texte   Mar 22 Avr - 13:15

Petit texte sans prétention, écrit il y a quelques temps déjà, mais je pense qu'il a sa place ici, dans cet endroit où je me surprend à rêver de nouveau:


Je regardais les profondeurs du monde, et mon cœur se serra. Je jetais un coup d’œil une dernière fois vers les brumes qui recouvraient les primes racines, semblables à celles qui enveloppaient mon cœur a cet instant, puis je me repris ma route sans un regard en arrière. Je saisis mon bâton, et je pus voir ses veines sombres, dans lesquelles la sève qui l’habitait pulsait, verte sombre, dans un rythme doux et réconfortant. Un soupir, je relève la tête et je reprends mon chemin.

« A quoi bon si je suis seul… »

Comme s’il m’avait compris, un écureuil s’approcha pour me renifler, couinant de peur lorsque je me baissais à son niveau mais ne fuyant pas pour autant. Souriant malgré moi, je lui grattai la tête et je fus surpris de voir qu’il y prenait plaisir.

« Alors petit bonhomme, on dirait que tu n’as pas froid aux yeux… »

Je sortit une ration de mon sac et lui donna quelques miettes. Il renifla les fruits secs avant de les avaler avidement, lécha la paume de ma main de sa petite langue rugueuse. De ma main libre je caressais son pelage doux, et l’espace d’un instant, ce fut comme si la Terre elle-même cherchait à me réconforter. Sortant de ma rêverie, j’aperçu le petit animal regagner son arbre, puis une fois au milieu des siens, frotter sa tête contre celle d'un de ses congénères, sans doute sa compagne. Je les regardais, prostré devant ce spectacle, comme si la nature s’évertuait à me rappeler ce que j’avais perdu, comme si elle pointait un doigt cruel vers mon cœur meurtri. Je me remis prestement en route, essuyant mon visage, personne ne devant voir ces perles salées qui creuseraient des sillons d’amertume sur mes joues…

Jamais la route ne me parut si longue, et jamais je ne me suis senti aussi seul. Au loin le soleil se couche, mais je n’ais aucune envie de m’arrêter, aucune envie de rester immobile dans l’ombre, en proie à mes émotions, colère et tristesse, douleur et amertume, mes compagnons maudits, mes amantes par trop fidèles… Je secoue la tête, je sens ma gorge se nouer, je devrais cesser de penser à tout cela, mais mon cœur mille fois trop lourd ne cesse de se rappeler celle qui fut, celle qui est toujours, sa résidente permanente… Le soleil se couche, mais moi je continue… Le soleil se couche, et sa douce chaleur réconfortante n’est plus… Le soleil se couche, et me voici de nouveau seul dans l’obscurité…

Je marchais depuis des heures, et la fatigue s’insinuait petit à petit dans chacun de mes membres. Je levai la tête, et vis que la lune était déjà haute dans le ciel. Elle semblait sourire, comme si le soleil, la croisant au loin, lui avait parlé de cet homme à l’air si sombre, errant dans la forêt, l’âme en peine. Je restais là, le regard fixant cette lumière douce, et l’espace d’un instant ce fut son visage que je vis, et mon cœur vola en éclat, et les larmes roulèrent encore et encore, laissant une légère humidité salée à la commissure de mes lèvres. Je m’adossa à un arbre plusieurs fois millénaires et me laissa tomber au sol, le menton sur la poitrine, les bras ballants. Les souvenirs affluaient douloureusement dans mon esprit, et mon cœur semblait prêt à se rompre à chaque battement. Je restais là à pleurer, combien de temps, je ne sais pas, jusqu’à ce que mes larmes se tarissent, jusqu’à ce que la lassitude l’emporte sur tout le reste. C’est à ce moment là que ma main rencontra un gland, et, paume ouverte, je la mis à hauteur de mes yeux. Il semblait à moitié mort, comme si lui aussi souffrait du même mal que moi, comme si lui aussi ne savait plus pourquoi il se devait d’exister. Je refermais mes doigts sur la petite source de vie, et machinalement mes yeux se fermèrent. La lassitude avait finalement eu raison de moi, et je me laissais aller à ce sommeil rédempteur.

Le soleil était déjà haut dans le ciel lorsque je me réveillais, et le gland était tombé de ma main pendant mon sommeil. Je me releva et m’étira, encore fatigué de la veille, lorsque je remarqua une étrange tache verte sombre au creux de ma main. Sans nul doute le fruit avait du se percer pendant la nuit, achevant ainsi de déverser le peu de vie encore en lui… Machinalement je baissais les yeux au sol et c’est là que je vis: à l’endroit où était tombée la graine se trouvait un petit icône de bois. Je me mis a genoux, et délicatement je ramassait l’objet qui paraissait si insolite dans un endroit pareil. Je retournai l’icône et mon cœur cessa de battre… C’est son visage qui apparaissait en relief, et elle souriait, du même sourire qui avait su balayer toutes mes peines, toutes mes craintes, toutes mes angoisses… Puis mon cœur se remit en route, doucement, puis de plus en plus violement, et je sentais ma poitrine vibrer, pulser d’une force dont je n’avais aucune conscience. Et sur mon visage un sourire, un sourire rayonnant, car aujourd’hui c’était comme si la Nature elle-même était venu me dire que, malgré toutes mes sombres pensées, mon histoire ne s’arrêterait pas là, que l’Amour ne déserterait pas mon âme si aisément, que mon futur, qui me semblait hier si sombre, serait demain éclairé par la douce lumière de sa présence…

Je ne sais pas combien de temps je suis resté prostré ainsi, mais au bout d’un moment je me leva. Regardant derrière moi je vis un petit écureuil s’approcher pour me renifler, et je ne pu m’empêcher de sourire. Je posais ma main sur mon baton, et je sentais la sève affluer au rythme de mes battements de cœur, et elle était verte et claire, légèrement rayonnante, pleine de vie.

L'âme légère je reparti vers les miens et vers celle qui m’a appris ce que le mot amour voulait dire. Le vent souffla dans les branches du grand arbre, et un étrange murmure s’en éleva, comme un élan de gaieté, comme si l’arbre riait, et je ris aussi, car même dans les heures les plus sombres, je sais que plus jamais je ne serais seul…
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nienna Elanessë
naïades
naïades


Féminin Nombre de messages : 456
Age : 22
Date d'inscription : 11/04/2007

MessageSujet: Re: Petit texte   Jeu 8 Mai - 14:34

c'est trop beau ce texte, tu devrais écrire un livre
ça deviendrait un best-sellers, tout le monde ce l'arracherait
et tout le monde serait plongé dedans pendant des heures !!!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Amarië Arywen
Elenna
Elenna


Féminin Nombre de messages : 878
Age : 22
Date d'inscription : 11/04/2007

MessageSujet: Re: Petit texte   Jeu 8 Mai - 14:45

C'est vrai c'est magnifique!
Je ne sais quoi dire d'autre tellement c'est beau!
Tu as un véritable don, j'éspère que tu écriras de nouveau pour que l'on puisse encore te lire!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nienna Elanessë
naïades
naïades


Féminin Nombre de messages : 456
Age : 22
Date d'inscription : 11/04/2007

MessageSujet: Re: Petit texte   Jeu 8 Mai - 14:46

Hip Hip Hourra pour Apopo !! ^^
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Petit texte   Aujourd'hui à 17:45

Revenir en haut Aller en bas
 
Petit texte
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Petit texte de moi
» Un petit texte sympa.
» Petit texte à propos du Titanic
» petit texte selon l'inspiration du moment
» petit texte cherche illustrateur ( Trouvé)

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
L'Aube des Fées  :: Aux Doigts de Fées :: Vos merveilleuses créations-
Sauter vers: